Mon diplôme ne me destinait pas à ce job.
3 Octobre 2013
Lu par 1928 personne(s)
Une fois sur deux, le 1er poste ne correspond pas aux études suivies. Voici le témoignage de 2 jeunes cadres pas mécontents d'avoir bifurqué. Un changement de voie précoce commenté par notre consultant.
"Pourtant, j'avais toujours dit "jamais d'informatique !"
Marie, 29 ans, titulaire d'une maîtrise de biologie
Passionnée de biologie, Marie voulait se consacrer au recensement des espèces végétales. Mais, elle échoue en 4e année d'écologie... et se retrouve dans une impasse. "Je ne pouvais pas trouver de travail seulement ce niveau d'étude, et je ne voulais pas perdre une année à ne rien faire".
A la fac, elle entend parler d'une société informatique, prête à recruter et à former des profils scientifiques. Elle décide de tenter l'aventure. "Pourtant, j'avais toujours dit "jamais d'informatique !" Sûrement parce que mon père, en faisait énormément dans son travail..." A son grand étonnement, Marie sort major de cette formation de 4 mois et devient officiellement ingénieur d'études. Envoyée à l'essai chez un premier client, elle y passe 2 années pleines. Et enchaîne sur une 2eme mission, qui dure depuis 5 ans déjà.
Pour la jeune femme, le bilan est plus que positif. "Promue chef de projet, j'ai obtenu le statut cadre, que je n'aurais jamais pu avoir dans le secteur de la biologie. Surtout, l'informatique m'offre des possibilités d'évolution sans commune mesure avec celles auxquelles j'aurais pu prétendre" raconte-t-elle.
"Ma maîtrise d'ethnologie m'a aidé à devenir un bon manager"
Nicolas, 30 ans, manager
"J'ai toujours été attiré par les cultures différentes", raconte Nicolas. "Peut-être parce que je viens d'un milieu un peu "petit-bourgeois", pas forcément très ouvert. "Pour mieux décrypter les comportements humains, il s'inscrit en histoire, option sociologie, puis enchaîne sur un master 2 d'anthropologie, d'ethnologie et de science des religions. Objectif : devenir chercheur à l'EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales). En parallèle, le jeune père de famille enchaîne les petits boulots pour faire vivre sa tribu. "J'ai notamment animé des "chats" et géré la modération de contenus dans des start-up", explique ce mordu de nouvelles technologies.
Pendant son master 2, ses besoins financiers se font plus importants. "Un site de rencontre, nouvellement créé, cherchait des conseillers client à temps plein. L'ambiance était bonne, et même si le boulot n'était pas franchement qualifié, j'y suis resté."
1 an plus tard, il devient manager d'une petite équipe. Il continue de progresser dans la structure et prend la responsabilité du service clientèle... "A mesure que la société a ouvert des filiales en Europe et que les effectifs se sont internationalisés, mes études d'ethnologie ont vraiment pris tout leur sens", raconte Nicolas, qui se découvre une passion pour le management interculturel. Même si, comme il le confie : "devenir manager, je ne l'aurais jamais imaginé avant". Aujourd'hui à la tête d'une équipe projet chargée de l'amélioration des contenus du site, Nicolas envisage de faire un jour la synthèse des deux univers, sciences humaines et management, en s'orientant vers la formation ou le consulting.
Le commentaire de Jean-Marie Blanc, expert Apec, animateur d'un blog Apec, particulièrement dédié aux étudiants et aux jeunes diplômés
"Le parcours de ces 2 jeunes n'a rien de surprenant. Une bonne moitié des personnes qui ont une formation supérieure ne font pas ce à quoi leur diplôme les destinait. Marie et Nicolas font la preuve qu'en ayant l'il ouvert et une certaine capacité à s'enthousiasmer, on peut rebondir sur les opportunités qu'offre l'existence.
Nicolas a fait des études d'ethnologie par pulsion intellectuelle, comme une majorité de personnes qui choisissent les filières littéraires. Il pouvait raisonnablement penser que cela ne déboucherait pas directement sur un travail... En revanche, et c'est l'essentiel, il dispose d'un outillage tout à fait transposable dans d'autres domaines. Il entre au service clientèle du site web par nécessité financière, mais très vite, il découvre le parcours qu'il peut y faire et décide d'en tirer profit. Il a mobilisé son énergie et est en train de construire une véritable carrière.
Marie est allée vers l'informatique un peu à reculons mais elle a sûrement eu raison : en biologie, ça risquait d'être "chaud" ! Elle trouve de l'intérêt à ce qu'elle fait, elle fait un petit effort pour cela, elle y a mis de la bonne volonté. C'est important de le souligner. Ce faisant, elle bénéficie aussi des autres avantages du travail : une place sociale, un certain confort. La vraie vie ne correspond pas forcément à nos rêves d'enfant, mais cela ne veut pas dire qu'elle est moins bien !"
Apec.fr
Mis en ligne le 3 octobre 2013.
"Pourtant, j'avais toujours dit "jamais d'informatique !"
Marie, 29 ans, titulaire d'une maîtrise de biologie
Passionnée de biologie, Marie voulait se consacrer au recensement des espèces végétales. Mais, elle échoue en 4e année d'écologie... et se retrouve dans une impasse. "Je ne pouvais pas trouver de travail seulement ce niveau d'étude, et je ne voulais pas perdre une année à ne rien faire".
A la fac, elle entend parler d'une société informatique, prête à recruter et à former des profils scientifiques. Elle décide de tenter l'aventure. "Pourtant, j'avais toujours dit "jamais d'informatique !" Sûrement parce que mon père, en faisait énormément dans son travail..." A son grand étonnement, Marie sort major de cette formation de 4 mois et devient officiellement ingénieur d'études. Envoyée à l'essai chez un premier client, elle y passe 2 années pleines. Et enchaîne sur une 2eme mission, qui dure depuis 5 ans déjà.
Pour la jeune femme, le bilan est plus que positif. "Promue chef de projet, j'ai obtenu le statut cadre, que je n'aurais jamais pu avoir dans le secteur de la biologie. Surtout, l'informatique m'offre des possibilités d'évolution sans commune mesure avec celles auxquelles j'aurais pu prétendre" raconte-t-elle.
"Ma maîtrise d'ethnologie m'a aidé à devenir un bon manager"
Nicolas, 30 ans, manager
"J'ai toujours été attiré par les cultures différentes", raconte Nicolas. "Peut-être parce que je viens d'un milieu un peu "petit-bourgeois", pas forcément très ouvert. "Pour mieux décrypter les comportements humains, il s'inscrit en histoire, option sociologie, puis enchaîne sur un master 2 d'anthropologie, d'ethnologie et de science des religions. Objectif : devenir chercheur à l'EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales). En parallèle, le jeune père de famille enchaîne les petits boulots pour faire vivre sa tribu. "J'ai notamment animé des "chats" et géré la modération de contenus dans des start-up", explique ce mordu de nouvelles technologies.
Pendant son master 2, ses besoins financiers se font plus importants. "Un site de rencontre, nouvellement créé, cherchait des conseillers client à temps plein. L'ambiance était bonne, et même si le boulot n'était pas franchement qualifié, j'y suis resté."
1 an plus tard, il devient manager d'une petite équipe. Il continue de progresser dans la structure et prend la responsabilité du service clientèle... "A mesure que la société a ouvert des filiales en Europe et que les effectifs se sont internationalisés, mes études d'ethnologie ont vraiment pris tout leur sens", raconte Nicolas, qui se découvre une passion pour le management interculturel. Même si, comme il le confie : "devenir manager, je ne l'aurais jamais imaginé avant". Aujourd'hui à la tête d'une équipe projet chargée de l'amélioration des contenus du site, Nicolas envisage de faire un jour la synthèse des deux univers, sciences humaines et management, en s'orientant vers la formation ou le consulting.
Le commentaire de Jean-Marie Blanc, expert Apec, animateur d'un blog Apec, particulièrement dédié aux étudiants et aux jeunes diplômés
"Le parcours de ces 2 jeunes n'a rien de surprenant. Une bonne moitié des personnes qui ont une formation supérieure ne font pas ce à quoi leur diplôme les destinait. Marie et Nicolas font la preuve qu'en ayant l'il ouvert et une certaine capacité à s'enthousiasmer, on peut rebondir sur les opportunités qu'offre l'existence.
Nicolas a fait des études d'ethnologie par pulsion intellectuelle, comme une majorité de personnes qui choisissent les filières littéraires. Il pouvait raisonnablement penser que cela ne déboucherait pas directement sur un travail... En revanche, et c'est l'essentiel, il dispose d'un outillage tout à fait transposable dans d'autres domaines. Il entre au service clientèle du site web par nécessité financière, mais très vite, il découvre le parcours qu'il peut y faire et décide d'en tirer profit. Il a mobilisé son énergie et est en train de construire une véritable carrière.
Marie est allée vers l'informatique un peu à reculons mais elle a sûrement eu raison : en biologie, ça risquait d'être "chaud" ! Elle trouve de l'intérêt à ce qu'elle fait, elle fait un petit effort pour cela, elle y a mis de la bonne volonté. C'est important de le souligner. Ce faisant, elle bénéficie aussi des autres avantages du travail : une place sociale, un certain confort. La vraie vie ne correspond pas forcément à nos rêves d'enfant, mais cela ne veut pas dire qu'elle est moins bien !"
Apec.fr
Mis en ligne le 3 octobre 2013.
