Les tendances du marché en 2010.

Les secteurs qui recruteront plus restent l'offshoring, le BTP, la distribution et les services

Nous sommes déjà en 2010, une année tant attendue par tous. D'une part, les entre¬prises s'attendent à une relance de l'activité et d'autre part, du coté des salariés, c'est le signe d'une amélioration des salaires. En termes de recrutement, les secteurs qui vont embaucher le plus, cette année, restent l'offshoring, le BTP, la distribution et les services. Les commerciaux auront encore et toujours la cote.

«Les nouveautés des services et produits ainsi qu'une concurrence de plus en plus vive nécessitent de nouvelles compétences pour la commercialisation : commerciaux de terrains, chargés d'affaires, technico-commerciaux…», a affirmé Khadija Bou¬ghaba, DG d'Invest RH. Et d'ajouter : «les métiers du Net connaîtront également une forte demande avec l'explosion de l'utilisation d'Internet et le développe¬ment du e-commerce : infographistes, Webdesigners, concepteurs de site, webmaster…». Les métiers liés à l'Offshoring seront toujours d'actualité en visant des compétences de plus en plus pointues telles les in¬génieurs informatiques et chefs de projet, car des activités à forte valeur ajoutée sont délocalisées, précise la consultante. De plus, les métiers de la grande distribution et chaîne de magasins ne seront pas en marge car de nombreux projets seront réalisés aux cours de 2010 nécessitant des profils devenus rares comme les responsables de magasin ou managers de rayon.

Coté rémunération, les attentes sont grandes. Déjà, avec la baisse de l'impôt sur les revenus (IR), les em¬ployés vont récupérer une petite somme mais cela n'est pas suffisant, vu que les cadres estiment qu'ils ont fourni un effort exceptionnel cette année pour aider l'entreprise à faire face à la crise. Déjà en 2009, nous avons assisté à une accalmie de l'inflation des rémunérations, sauf pour des profils clés dont la fidélisation est jugée impor¬tante par l'employeur.

Pour sa part, l'enquête Diorh sur la rémunération a prévu une hausse de 5% des salaires en 2010. En tout cas, début de relance ou pas, certains collaborateurs n'hésiteront pas à lever les voiles si leur patron ne daigne pas les augmenter. Selon la dernière en-quête du cabinet Invest RH sur l'impact de la crise sur les RH au Maroc, une bonne partie des cadres se disent prêts pour changer d'emploi en 2010 afin d'amélio¬rer leur situation financière. Remarquez qu'avec la hausse du coût de la vie, ces gens-là n'ont pas tort, vu qu'ils devront survivre avec un salaire qui n'a pas bougé depuis deux années, au minimum. Ce climat de tension crée de nouvelles at¬tentes chez l'employé. Déjà à cause de la crise, les salariés du secteur privé ont revu leurs priorités par rapport à leur emploi. Selon l'enquête, deux intérêts majeurs se dégagent. Le premier consiste à sauvegarder son emploi en s'y investis¬sant davantage, à accepter la mobilité sur d'autres villes et à être moins exigeant sur la rémunération. Le second intérêt est celui d'acquérir de nouvelles compétences et de suivre une formation professionnelle pour se reconvertir, dans l'optique de changer d'employeur.

Une chose est sûre, 2010 est l'année de tous les espoirs. Les cadres affichent haut et forts leurs attentes et attendent l'issue des évaluations. Maintenant la balle est dans le camp des dirigeants, il leur suffit d'un geste pour récompenser les plus méritants et instaurer une bonne ambiance du travail.

Comment se présentera le marché de l'emploi en 2010 ?

Après la légère reprise des recrutements enregistrés en fin d'année, tout laisse croire que le marché de l'emploi connaîtra une tendance favorable en 2010. D'ailleurs au cours de notre dernier sondage en novembre 2009 plusieurs entreprises déclaraient avoir des plans de recrutement massifs en 2010. Les secteurs les plus concernés restent : l'offsho¬ring, le BTP, la distribution et les services.

Quels sont les critères qui seront retenus par les recruteurs?

En cherchant les perles rares, les recruteurs sont devenus de plus en plus exigeants. En plus des compétences techniques, c'est l'expérience professionnelle dans le même domaine du poste à pourvoir sinon ce sont les qualités personnelles qui sont recherchées. Les profils retenus sont ceux qui justifient de grandes capacités d'adaptation, de qualités de communication et sens du contact d'autonomie et de travail en équipe. Quant aux profils de manager recherchés, les qualités requises sont les capacités de travailler en mode projet, à prendre des décisions, de gérer des équipes hétérogènes, et de résoudre les problèmes de manière auto¬nome. Souplesse, réactivité, créativité, autonomie, initia¬tive, sens du résultat, pour ne citer que cela représen¬tent les critères récurrents des recruteurs. C'est tout à fait normal car les besoins en recrutement sont de plus en plus précis et l'employeur cherche à opti¬miser son recrutement par des profils immédiatement opérationnels.

De plus, le temps d'adapta¬tion au poste est de plus en plus réduit et les exigences en termes de résultats sont de plus en plus élevées. Dans de nombreux cas cette situa¬tion provoque des ruptures de contrat en période d'essai. Il est nécessaire de revoir les approches de recrute¬ment pour éviter les échecs et donner plus de chance aux chercheurs d'emploi.

Quelle est la tendance actuelle des évolutions du salaire ?

En 2009, nous avons assisté à une accalmie de l'in¬flation des salaires enregis¬trée les années précédentes. Cependant, les entreprises étaient prêtes à servir des salaires confortables à des compétences clés recherchées pour faire face à des problématiques nouvelles générées par la crise. La reprise attendue en 2010 pourrait faire repartir les salaires à la hausse car de nombreux cadres se déclarent prêts à changer d'emploi pour améliorer leur si¬tuation matérielle (cf. notre enquête : Crise et son impact sur les RH au Maroc).

Quels sont les secteurs qui rémunèrent bien ?

On ne peut pas dire actuel¬lement de manière catégorique qu'un secteur rémunère mieux que d'autres, tant les bouleversements en matière de rémunération ont été considérables ces dernières années. Ce qui est plus sûr c'est qu'on assiste de plus en plus à une individualisation des salaires pour s'attirer les meilleures compétences.

Que conseillez-vous aux chercheurs d'emploi ?

D'abord considérer que chercher un emploi est un emploi en lui-même ! Je veux dire par là, la nécessité de se mobiliser activement sans relâche jusqu'à l'atteinte de son objectif, à savoir le job souhaité. Dans cette phase de recherche, la motivation n'est pas toujours au rendez vous, mais il faut justement savoir garder le moral, car cette situation est vécue par beaucoup d'autres personnes et c'est pourquoi il faut justement travailler dur pour se différencier. A commencer par bien rédiger son CV : je souligne cette étape car elle est très importante dans la pré-sé¬lection. Le risque d'être écarté à cause d'un mauvais CV est éminent.

Il est judicieux de bien cibler ses employeurs potentiels et de ne pas se contenter à répondre à des offres d'emplois, mais à déposer aussi sa candidature spontanée aux entreprises ciblées. Il ne faut surtout pas hésiter à rappeler pour s'assurer de la réception de sa candidature et rater l'occasion de passer un bon entretien en le préparant minutieusement. Et pour cause, c'est ce premier contact qui sera déterminant en rassurant d'être le candidat recherché et en laissant une bonne impression sur son profil.

Nadia Dref
Publié le 3 Janvier 2010

Mis en ligne 12 Janvier 2010

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