Le perfectionnisme au travail : comment faire ?
5 Mai 2014
Lu par 3922 personne(s)
On me reproche souvent d'être perfectionniste. Que puis-je faire ? Dois-je une fois pour toute abandonner mon amour du travail bien fait ? Dois-je arrêter de repérer ce qui ne va pas ? Je travaille avec un ou une perfectionniste qui ne laisse rien passer au point de me décourager. Puis-je faire quelque chose ? Si je peux m'adapter, comment dois-je le faire ?
Si je suis perfectionniste, j'en ai bien conscience car on ne cesse de me le dire, trop souvent sur le ton du reproche. Le perfectionnisme n'est pas vraiment un défaut mais plutôt le revers d'une qualité précieuse : l'amour du travail bien fait. Abandonner cette qualité pour un laxisme mou est à la fois irresponsable et insensé. L'empêcher de devenir obsessionnelle est la condition sine qua non de sa croissance et de son impact positif sur le travail individuel et collectif.
Voici quelques réflexes à adopter qui pourront m'aider dans la lutte contre ce travers :
- La première des choses est d'entendre ceux qui me traitent de perfectionniste et d'accepter que ce qualificatif ne soit pas une qualité, mais le revers d'une qualité.
- Me poser toujours la question de l'essentiel quand j'entreprends quelque chose. La question essentielle est bien celle de l'essentiel. Quelle est l'urgence du moment ? Dans tout ce que j'ai à faire, qu'y a-t-il de plus important ? La réponse à ces questions nécessite parfois de me faire violence pour ne pas entreprendre certaines tâches qui me sont devenues plus familières et habituelles. Cette question nécessite aussi de toujours garder en mémoire mon objectif professionnel, qu'il soit individuel ou collectif.
- Avant de commencer ma journée de travail, faire la liste de ce que je dois faire, sans y passer trop de temps, en notant simplement les mots-clefs. Si j'ai peur de passer trop de temps sur une tâche (défaut majeur du perfectionniste), je décide du temps que je dois passer en fonction des autres priorités. Commencer par cette vision d'ensemble m'évitera de me perdre dans les détails de l'étape une et de regretter de n'avoir pu tout faire en fin de journée.
- Ai-je vraiment le temps de m'attacher à l'esthétique des choses ? Un beau tableau Excel, un document Word impeccable, etc. Je dois passer plus de temps sur le fond que sur la forme. La forme reste importante mais est souvent très secondaire, surtout vis-à-vis d'un patron ... non perfectionniste !
- Accepter de concentrer mes efforts sur ce qui relève vraiment de ma fonction pour pouvoir déléguer ce que je continue à faire mais qui n'en relève pas.
- Comment font les autres ? Je passe peut-être beaucoup trop de temps à faire les choses. Ai-je le bon outil, la bonne méthode ? Je dois penser possible que d'autres puissent faire autrement, aussi bien, voire mieux que moi. Je dois apprendre à travailler plus vite.
Si je travaille avec un perfectionniste, j'ai tôt fait de le savoir et d'en pâtir d'une certaine manière : je dois refaire dix fois les documents que je transmets ; tout est revu dans les plus petits détails ; ce n'est jamais assez bien ; la première chose repérée est une faute ; les réunions s'éternisent, etc. Travailler avec un perfectionniste n'est facile pour personne mais peut être très utile à celui qui peut gagner en précision et en patience. Sans avoir l'idée de changer directement un perfectionniste, je peux m'y adapter et finir par l'influencer dans le bon sens en le rassurant.
Voici quelques idées qui peuvent aider :
- Dans un premier temps, m'empêcher de juger trop vite la personne car ce faisant, elle peut se braquer et la coopération avec elle me sera encore plus difficile. Patienter est donc la règle numéro un, qui permettra notre apprivoisement réciproque, indispensable aux influences mutuelles bénéfiques. Car le perfectionniste a peur : peur de mal faire son travail, de ne pas satisfaire à la demande, de ne pas plaire.
- Trouver un intérêt à travailler avec cette personne. Qu'est-ce que je peux apprendre d'elle, sans forcément lui ressembler ? Que fait-elle de bien ? Quelles sont ses qualités ? Sans hypocrisie, lui dire ce que vous pensez vraiment de son travail.
- Regarder le travail de cette personne de manière très objective et factuelle, et y contribuer d'une manière pragmatique, efficace et surtout non parfaite. C'est le meilleur moyen pour qu'elle se rende compte par elle-même qu'il n'y a pas qu'un seul chemin pour faire du bon travail. Elle trouvera un véritable intérêt à travailler avec moi surtout quand il faut gagner du temps et innover. En prenant des initiatives qu'il pourra juger positives, le perfectionniste comprendra qu'il peut compter sur moi et osera progressivement me confier une partie de ses tâches.
- Une fois que cette personne me connaît un peu mieux et a confiance en moi, utiliser l'humour pour l'inciter à complimenter mon travail et à m'encourager. Si les encouragements ne viennent toujours pas, je les lui demande et dis que j'en ai besoin.
- Enfin, une fois notre modus vivendi installé, bien faire et marquer la différence entre ce qui est essentiel et ce qui est du détail, qu'il aime tant. Je pourrai même avoir la liberté de lui dire ce qui n'est pas essentiel et il l'acceptera.
Le perfectionnisme est un travers très profondément ancré dans la personne. Il n'est pas possible ni bon de le supprimer avec violence. Pour préserver l'amour du travail bien fait et l'énergie qu'elle y consacre, la personne qui a ce travers doit progressivement se rassurer sur sa capacité à faire mieux tout en faisant autrement.
Philippelaurent.org
Si je suis perfectionniste, j'en ai bien conscience car on ne cesse de me le dire, trop souvent sur le ton du reproche. Le perfectionnisme n'est pas vraiment un défaut mais plutôt le revers d'une qualité précieuse : l'amour du travail bien fait. Abandonner cette qualité pour un laxisme mou est à la fois irresponsable et insensé. L'empêcher de devenir obsessionnelle est la condition sine qua non de sa croissance et de son impact positif sur le travail individuel et collectif.
Voici quelques réflexes à adopter qui pourront m'aider dans la lutte contre ce travers :
- La première des choses est d'entendre ceux qui me traitent de perfectionniste et d'accepter que ce qualificatif ne soit pas une qualité, mais le revers d'une qualité.
- Me poser toujours la question de l'essentiel quand j'entreprends quelque chose. La question essentielle est bien celle de l'essentiel. Quelle est l'urgence du moment ? Dans tout ce que j'ai à faire, qu'y a-t-il de plus important ? La réponse à ces questions nécessite parfois de me faire violence pour ne pas entreprendre certaines tâches qui me sont devenues plus familières et habituelles. Cette question nécessite aussi de toujours garder en mémoire mon objectif professionnel, qu'il soit individuel ou collectif.
- Avant de commencer ma journée de travail, faire la liste de ce que je dois faire, sans y passer trop de temps, en notant simplement les mots-clefs. Si j'ai peur de passer trop de temps sur une tâche (défaut majeur du perfectionniste), je décide du temps que je dois passer en fonction des autres priorités. Commencer par cette vision d'ensemble m'évitera de me perdre dans les détails de l'étape une et de regretter de n'avoir pu tout faire en fin de journée.
- Ai-je vraiment le temps de m'attacher à l'esthétique des choses ? Un beau tableau Excel, un document Word impeccable, etc. Je dois passer plus de temps sur le fond que sur la forme. La forme reste importante mais est souvent très secondaire, surtout vis-à-vis d'un patron ... non perfectionniste !
- Accepter de concentrer mes efforts sur ce qui relève vraiment de ma fonction pour pouvoir déléguer ce que je continue à faire mais qui n'en relève pas.
- Comment font les autres ? Je passe peut-être beaucoup trop de temps à faire les choses. Ai-je le bon outil, la bonne méthode ? Je dois penser possible que d'autres puissent faire autrement, aussi bien, voire mieux que moi. Je dois apprendre à travailler plus vite.
Si je travaille avec un perfectionniste, j'ai tôt fait de le savoir et d'en pâtir d'une certaine manière : je dois refaire dix fois les documents que je transmets ; tout est revu dans les plus petits détails ; ce n'est jamais assez bien ; la première chose repérée est une faute ; les réunions s'éternisent, etc. Travailler avec un perfectionniste n'est facile pour personne mais peut être très utile à celui qui peut gagner en précision et en patience. Sans avoir l'idée de changer directement un perfectionniste, je peux m'y adapter et finir par l'influencer dans le bon sens en le rassurant.
Voici quelques idées qui peuvent aider :
- Dans un premier temps, m'empêcher de juger trop vite la personne car ce faisant, elle peut se braquer et la coopération avec elle me sera encore plus difficile. Patienter est donc la règle numéro un, qui permettra notre apprivoisement réciproque, indispensable aux influences mutuelles bénéfiques. Car le perfectionniste a peur : peur de mal faire son travail, de ne pas satisfaire à la demande, de ne pas plaire.
- Trouver un intérêt à travailler avec cette personne. Qu'est-ce que je peux apprendre d'elle, sans forcément lui ressembler ? Que fait-elle de bien ? Quelles sont ses qualités ? Sans hypocrisie, lui dire ce que vous pensez vraiment de son travail.
- Regarder le travail de cette personne de manière très objective et factuelle, et y contribuer d'une manière pragmatique, efficace et surtout non parfaite. C'est le meilleur moyen pour qu'elle se rende compte par elle-même qu'il n'y a pas qu'un seul chemin pour faire du bon travail. Elle trouvera un véritable intérêt à travailler avec moi surtout quand il faut gagner du temps et innover. En prenant des initiatives qu'il pourra juger positives, le perfectionniste comprendra qu'il peut compter sur moi et osera progressivement me confier une partie de ses tâches.
- Une fois que cette personne me connaît un peu mieux et a confiance en moi, utiliser l'humour pour l'inciter à complimenter mon travail et à m'encourager. Si les encouragements ne viennent toujours pas, je les lui demande et dis que j'en ai besoin.
- Enfin, une fois notre modus vivendi installé, bien faire et marquer la différence entre ce qui est essentiel et ce qui est du détail, qu'il aime tant. Je pourrai même avoir la liberté de lui dire ce qui n'est pas essentiel et il l'acceptera.
Le perfectionnisme est un travers très profondément ancré dans la personne. Il n'est pas possible ni bon de le supprimer avec violence. Pour préserver l'amour du travail bien fait et l'énergie qu'elle y consacre, la personne qui a ce travers doit progressivement se rassurer sur sa capacité à faire mieux tout en faisant autrement.
Philippelaurent.org
