Evolution de carrière

Le souhait de ne pas gérer les problèmes de relations humaines conduit parfois certains cadres à refuser une promotion, étape pourtant logique de tout parcours professionnel. Il reste que, lorsqu'une évolution hiérarchique honore des compétences acquises dans son secteur, celle-ci constitue généralement un bon plan de carrière.

"Refuser une promotion devient un geste de plus en plus courant ces dernières années", constate Michel Loeb. "Les employés dans leur ensemble sont évidemment favorables à un passage dans la catégorie cadres ou ingénieurs, mais ils font preuve dans le même temps d'un large désintérêt pour les activités managériales".
"Avec l'effondrement de la net-économie, les jeunes décideurs ne veulent plus prendre des responsabilités d'encadrement parce qu'ils n'adhèrent plus à la stratégie et aux valeurs de leur start-up. Plus question pour eux de prendre le risque de se retrouver en porte-à-faux vis-à-vis de leurs équipes".
"Quand on veut récompenser un employé par une promotion, il faut impérativement accompagner la personne que l'on souhaite promouvoir en l'aidant à passer ce cap", conseille le spécialiste.
Généralement, les doutes du salarié sont liés à la crainte d'échouer dans sa nouvelle fonction. "Je recommande au responsable des Ressources Humaines de ne pas charger la personne promue de diriger ses anciens collègues : cela placerait cette dernière en porte-à-faux", glisse Jean-Michel Loeb. "Le secret consiste donc à encourager la mobilité professionnelle sans remettre en cause la cohésion au sein de l'entreprise".

Nouveaux besoins
"Malgré les avantages salariaux d'une promotion, il restera toujours des personnes qui refuseront d'exercer une certaine emprise hiérarchique sur les autres". Pour autant, le refus d'accepter une promotion ne doit pas se transformer en sanction pour le salarié. Les responsables DRH auront donc tout intérêt à identifier les individus ayant un profil correspondant davantage à une promotion verticale ou horizontale.

Actuellement, la tendance managériale est au travail en équipes sans surveillance hiérarchique constante : l'heure est à l'indépendance, les employés doivent faire preuve d'autonomie et d'esprit d'initiative pour gérer leur propre production, tout en rendant des comptes à travers des outils informatiques adaptés. C'est un nouveau type de management, automatique, directement hérité de la nouvelle économie.

Reste à élucider une dernière question : peut-on refuser une promotion ? "Assurément". Surtout si l'on considère que l'emploi ne correspond pas à ses compétences ou à ses désirs. Encore faut-il connaître ses compétences et ses choix de carrière : plus l'entreprise dispose d'outils de gestion de carrière pour préparer les cadres à assumer de nouvelles fonctions, plus ceux-ci seront favorables aux promotions.

"Si une promotion récompense une compétence, il faut en général l'accepter ; à la différence d'une promotion horizontale engendrant un changement de métier. Cette configuration nécessite une certaine assurance, des compétences et de sérieuses motivations". Car "un salarié qui n'évolue pas régresse".

Mis en ligne 6 mai 2008

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