Etude sectorielle de la Promotion Immobilière

La promotion immobilière est un secteur participant à la croissance économique de nombreux pays de par la création d'emplois et la génération d'une forte valeur ajoutée.

Afin de profiter de ce dynamisme, le Maroc, dont le secteur demeure anarchique et peu développé, pourrait s'inspirer des expériences des pays à niveau de développement semblable (Tunisie, Chine, Liban et Egypte). Ceux-ci ont pu, grâce aux incitations fiscales, à la restructuration du secteur et au changement de stratégies et de visions, bénéficier des opportunités offertes.

Au Maroc, le secteur de la promotion immobilière connaît une phase ascendante. Hormis le déficit enregistré au niveau du logement -estimé à 1,2 million-, cette activité est encouragée par une série d'actions entreprises par l'Etat et un effort commercial important des banques marocaines.

En raison de la défiscalisation des grands projets immobiliers, plusieurs promoteurs privés se sont orientés vers l'habitat social afin de tirer profit du dynamisme de ce segment. De plus, plusieurs fonds nationaux ont été consacrés à l'habitat insalubre pour permettre à une catégorie de la population l’accès à un logement décent. L'Etat a également, procédé à la création de villes nouvelles visant à éradiquer les bidonvilles.

Pour leur part, les banques ont connu un accroissement de leur portefeuille sur ce segment. Suite au dynamisme du secteur, les crédits immobiliers octroyés aux acquéreurs ont été multiplié par 8 en l'espace de 10 ans, créant ainsi une concurrence acharnée entre les différentes banques de la place.

La plupart des entreprises opérant dans la promotion immobilière sont privées, de création récente et d'une taille modeste. En dépit du grand nombre des intervenants dans le secteur, celui-ci reste dominé par quelques sociétés qui bénéficient d'une longue expérience dans le domaine. Par ailleurs, la restructuration des entreprises publiques permettrait une meilleure compétitivité des entreprises marocaines.

En dépit d’un engagement de l'Etat pour promouvoir le secteur, ce dernier fait face à plusieurs obstacles qui freinent son développement, à savoir la multitude de taxes et impôts, des promoteurs non structurés et non rationnels, la pratique du noir, la lourdeur des procédures administratives et la gestion inefficace du foncier. Dans ce sens, un nouveau code de l'urbanisme sera mis en vigueur prochainement et permettrait de mieux gérer ces contraintes et de tirer profit des perspectives qu'offre la promotion immobilière.

A un niveau financier, le secteur est très capitalistique et requiert des investissements importants. Les entreprises opérant dans la promotion immobilière ont recours soit à la sous-traitance des activités de bâtiment soit à la non déclaration des employés, entraînant une faible charge de personnel rapportée au chiffre d'affaires. Bénéficiant d'un cycle d'exploitation long, les entreprises du secteur ont plus recours aux dettes structurelles qu'aux dettes opérationnelles afin d'éviter toute pression quant au remboursement de cet endettement.

Le soutien effectif de l’Etat au secteur de la promotion immobilière a permis d’améliorer la rentabilité des fonds propres des entreprises. En effet, le ROCE (Return On Capital Employed) a connu une forte progression entre 2002 et 2004, passant de 15% à 30,4% pour les entreprises performantes et de 0,7% à 1,6% pour les moins performantes.

Enfin, le segment social présente les meilleures opportunités. Les personnes propriétaires de logements insalubres seront orientées vers des habitations de bas standing. D’ailleurs, de plus en plus de promoteurs privés se sont positionnés sur ce créneau.

Le moyen et haut standing offrent des perspectives intéressantes même si la demande sera inévitablement moins forte que pour le logement social. Le véritable défi de ce segment sera de proposer des constructions respectant les standards internationaux en termes de qualité et de finitions.

Département des Etudes et de la Documentation – BMCE Bank