Diplômés chômeurs: L’Etat brade le métier de prof
25 Mars 2008
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• 1.100 recrutés à L’Education nationale
• La compétence a été sacrifiée au profit de l’ancienneté
«Nous maintenons notre engagement à ne pas reprendre le sit-in devant le Parlement», affirme Moustafa Al Maâroufi, premier coordinateur du groupe Nasr. Avec 1.436 membres, ce dernier se veut le plus important des 25 associations que compte le mouvement des diplômés chômeurs. Ce ne sera pas la première fois que le gouvernement cède à la pression mais celle-là vient à point nommé pour «couronner le palmarès» des cent jours d’El Fassi à la tête de l’exécutif. Cela a «coûté», néanmoins, la création, dans la précipitation, de 1.100 postes budgétaires dans l’Education nationale. C’est cher lorsqu’on sait que l’Etat est engagé sur une voie de réduction de la taille de ses effectifs. Mais malgré cette «bonne» volonté affichée, consolidée par les faits, les grévistes ne ménagent pas le gouvernement de leurs critiques.
La dernière opération de recrutement aurait été entachée de nombre d’irrégularités: corruption et favoritisme selon des critères d’appartenance partisane, dénoncent-ils sur leur site Internet. D’ailleurs, les diplômés chômeurs avaient investi le siège du parti de l’Istiqlal, le 30 janvier dernier, en traitant le Premier ministre de «faschiste». Le forcing a provoqué le report de la publication des résultats des entretiens d’embauche. Au ministère de l’Education nationale l’on parlait de seulement 400 candidats, évoquant par ailleurs un niveau «trop bas» des diplômés. Un sentiment plus ou moins partagé au sein du gouvernement. Cela n’empêche, le chiffre de 400 sera quasiment multiplié par trois. Un des miracles que l’on ne voit plus qu’au Maroc.
Au total, 750 chômeurs appartenant au groupe Nasr (constitué en réalité de trois autres petits groupes) seront embauchés. Le nombre total des chômeurs intégrés dans le corps enseignant est de 1.100. La centaine supplémentaire a été, semble-t-il, rajoutée à la dernière minute. Nasr estime que sa part a été amoindrie. Abus. Mais ce n’est pas tout. Dans l’accord du 20 novembre 2007 signé avec le gouvernement, ce dernier s’engageait à insérer les chômeurs par ordre d’ancienneté d’inscription sur les listes des grévistes. Cela sous-entend que la compétence devait être reléguée au deuxième rang. L’exécutif a relativement manqué à son engagement à ce niveau-là (heureusement). «Il n’a pas non plus défini une stratégie d’insertion des autres chômeurs du groupe Nasr», insiste le coordinateur du groupe. Ces derniers sont au nombre de 2.500 au total. Un chiffre qui est amené à gonfler car cette première «victoire» va appeler d’autres chômeurs. «Sit-in à Rabat»: le feuilleton n’en est qu’à la saison 1… A suivre.
Mis en ligne le 25 mars 2008
Leconomiste.com
• La compétence a été sacrifiée au profit de l’ancienneté
«Nous maintenons notre engagement à ne pas reprendre le sit-in devant le Parlement», affirme Moustafa Al Maâroufi, premier coordinateur du groupe Nasr. Avec 1.436 membres, ce dernier se veut le plus important des 25 associations que compte le mouvement des diplômés chômeurs. Ce ne sera pas la première fois que le gouvernement cède à la pression mais celle-là vient à point nommé pour «couronner le palmarès» des cent jours d’El Fassi à la tête de l’exécutif. Cela a «coûté», néanmoins, la création, dans la précipitation, de 1.100 postes budgétaires dans l’Education nationale. C’est cher lorsqu’on sait que l’Etat est engagé sur une voie de réduction de la taille de ses effectifs. Mais malgré cette «bonne» volonté affichée, consolidée par les faits, les grévistes ne ménagent pas le gouvernement de leurs critiques.
La dernière opération de recrutement aurait été entachée de nombre d’irrégularités: corruption et favoritisme selon des critères d’appartenance partisane, dénoncent-ils sur leur site Internet. D’ailleurs, les diplômés chômeurs avaient investi le siège du parti de l’Istiqlal, le 30 janvier dernier, en traitant le Premier ministre de «faschiste». Le forcing a provoqué le report de la publication des résultats des entretiens d’embauche. Au ministère de l’Education nationale l’on parlait de seulement 400 candidats, évoquant par ailleurs un niveau «trop bas» des diplômés. Un sentiment plus ou moins partagé au sein du gouvernement. Cela n’empêche, le chiffre de 400 sera quasiment multiplié par trois. Un des miracles que l’on ne voit plus qu’au Maroc.
Au total, 750 chômeurs appartenant au groupe Nasr (constitué en réalité de trois autres petits groupes) seront embauchés. Le nombre total des chômeurs intégrés dans le corps enseignant est de 1.100. La centaine supplémentaire a été, semble-t-il, rajoutée à la dernière minute. Nasr estime que sa part a été amoindrie. Abus. Mais ce n’est pas tout. Dans l’accord du 20 novembre 2007 signé avec le gouvernement, ce dernier s’engageait à insérer les chômeurs par ordre d’ancienneté d’inscription sur les listes des grévistes. Cela sous-entend que la compétence devait être reléguée au deuxième rang. L’exécutif a relativement manqué à son engagement à ce niveau-là (heureusement). «Il n’a pas non plus défini une stratégie d’insertion des autres chômeurs du groupe Nasr», insiste le coordinateur du groupe. Ces derniers sont au nombre de 2.500 au total. Un chiffre qui est amené à gonfler car cette première «victoire» va appeler d’autres chômeurs. «Sit-in à Rabat»: le feuilleton n’en est qu’à la saison 1… A suivre.
Mis en ligne le 25 mars 2008
Leconomiste.com
