Comment négocier son salaire d'embauche
8 Octobre 2009
Lu par 3702 personne(s)
Le contexte économique difficile actuel pousse les employeurs à penser deux fois avant de recruter un nouveau collaborateur. Et pour cause, il faut bien définir le besoin et préciser le type de profil à qui faire appel pour booster l'activité, d'une part, et d'autre part, il faut bien dénicher la perle rare pour éviter les coûts qui peuvent être engendrés par une erreur de casting.
Cependant, ce ne sont pas les employeurs seulement qui sont dans la tourmente, même les candidats sont dans une position inconfortable. Ces derniers ne savent plus s'il faut demander un gros salaire ou brader leurs prétentions pour décrocher un poste en ces temps difficiles. Une chose est sûre, il faut s'adapter à la situation mais ne pas trop en faire.
Les professionnels du recrutement, insistent sur le fait qu'il y a une marge de négociation, mais qu'il ne faut pas se contenter d'un salaire moins avantageux. C'est dire que le recruteur a besoin de vos compétences et qu'il est prêt à payer le prix, si votre travail aura une valeur ajoutée pour la société. Ceci dit, avant d'aller discuter salaire, il serait judicieux de rassembler toutes les informations disponibles sur l'entreprise ou le groupe en question pour connaître réellement sa situation financière (communications financières, articles de presse…). Aussi, il ne faut pas hésiter à essayer de connaître les niveaux de salaire pratiqués au sein de la société et faire même un benchmark pour votre profil auprès des autres entreprises concurrentes. Alors comment bien négocier un bon salaire. Les consultants s'accordent à dire que cela dépend de l'entreprise.
Il y a les employeurs, surtout les grands groupes et les multinationales, qui ont des grilles de salaire fixe et qui ne permettent pas une grande flexibilité en termes de négociation de salaire. Toutefois, dans la plupart des cas, la première offre reste largement négociable, tout dépend de l'intelligence et de la capacité du candidat à se vendre. Il faut simplement argumenter en parlant faits et non désires ou souhaits Voici quelques pièges à éviter. Pour Mohamed Benouarrek, «il ne faut surtout pas se hâter à déclarer ses prétentions salariales car vous risquez de vous sous-estimer ou bien de vous disqualifier car vous être loin de l'offre». Et d'ajouter qu'il faut bien pousser l'employeur à vous faire une offre et, au cas échéant, prendre du temps pour jauger son besoin et son budget (taille d'entreprise, renommée, renseignement auprès de votre entourage avant l'entretien, etc.) Ceci est valable pour une négociation en temps de crise qu'en temps normal. La vigilance est de mise.
«Il y a toujours une marge pour une négociation»
Avis d'expert - Abdelhakim Mhaid A l'embauche, les salaires sont-ils revus à la baisse en ces temps de crise par les employeurs ?
La rémunération moyenne à l'embauche au Maroc évolue moins que les années précédentes, ou peu, crise économique oblige. Il est évident que les employeurs dans un contexte économique difficile ne peuvent plus, en règle générale, promettre à leurs nouvelles recrues les mêmes différentiels des salaires qu'elles offraient il y a deux ou trois ans. Nous constatons quand même que la crise ne touche pas réellement les candidats à haut potentiel et les profils pointus. Au contraire, les salaires à l'embauche continuent à connaître des hausses pouvant aller de 25 à 40% par rapport à leur niveau actuel (selon une étude réalisée par un cabinet spécialisé)
Un candidat doit-il revoir ses prétentions salariales à la baisse ? Comment peut-il être certain que l'entreprise en question traverse des moments difficiles ?
Partir d'une idée qu'en temps de crise, le candidat doit revoir ses prétentions salariales à la baisse avec son futur employeur est une erreur. Cependant, il y a toujours une marge pour une négociation, la capacité à obtenir une amélioration de l'offre dépendra beaucoup du succès financier de l'Entreprise, le candidat doit donc rechercher toutes les informations possibles pour déterminer dans quelle mesure il peut insister au cours de négociations, et aussi se renseigner sur le chiffre d'affaires de l'Entreprise, sa croissance, les pratiques internes s'il dispose de relais sur place. Les études de rémunération élaborées par les cabinets de recrutement, les articlesde presse et les sites Internet spécialisés sont des sources fiables d'information pour évaluer son salaire à l'embauche.
Avec la crise, quels sont les éléments qui déterminent le niveau de salaire offert par une société ?
Je ne pense pas que le niveau de salaire proposé soit fortement impacté par le contexte de crise. Dans un tel contexte, l'entreprise a en effet besoin d'attirer les bons profils, en mesure de l'aider à rebondir. Partant de ce constat, elle devrait donc proposer un salaire compétitif par rapport au marché, sans toutefois perdre la maîtrise de sa masse salariale.C'est donc le marché qui, au final, va déterminer le niveau de salaire offert, les entreprises peuvent se référer aux enquêtes de salaire réalisées par les cabinets spécialisés afin de se positionner sur le marché de la rémunération et déterminer le niveau de salaire à offrir.
Comment réussir une bonne négociation malgré ce contexte économique difficile ?
Une fois la situation réelle de l'Entreprise connue, le candidat doit savoir évaluer sa valeur particulière et ses performances en s'appuyant sur des éléments tangibles qui feront la preuve de ses compétences. Il doit se présenter comme une source de profit pour l'Entreprise par le biais de ses expériences et performances passées en avançant des chiffres et des résultats quantifiables. Par exemple, en période de crise, on attendra d'un commercial de démontrer sa capacité à faire évoluer le chiffre d'affaires et la marge commerciale.
Un manager prouvera sa capacité à fédérer les énergies autour d'un projet quelles que soient les circonstances économiques et sociales.
Que faut-il éviter ?
Il ne faut pas se dévoiler trop tôt. La question de la rémunération ne devrait être abordée qu'à la fin de l'entretien d'embauche avec l'employeur potentiel, il faut laisser l'employeur s'avancer, pour voir ce qu'il est prêt à offrir au candidat. Il ne faut pas raisonner en se disant «j'accepte ce niveau qui me paraît faible, mais je vais le renégocier», cela ne fonctionne pas.
Le candidat doit faire donc preuve de souplesse mais doit aussi couvrir ses arrières. Si la proposition de l'entreprise est 5 à 10 % sous ses attentes, il peut l'accepter mais seulement avec une promesse, inscrite dans le contrat de travail, de révision à la hausse après une période donnée, il peut par exemple prendre le repère de la fin de la période d'essai.
Nadia Dref
Publié le 4 Octobre 2009
Mis en ligne le 7 Octobre 2009
lematin.ma
Les professionnels du recrutement, insistent sur le fait qu'il y a une marge de négociation, mais qu'il ne faut pas se contenter d'un salaire moins avantageux. C'est dire que le recruteur a besoin de vos compétences et qu'il est prêt à payer le prix, si votre travail aura une valeur ajoutée pour la société. Ceci dit, avant d'aller discuter salaire, il serait judicieux de rassembler toutes les informations disponibles sur l'entreprise ou le groupe en question pour connaître réellement sa situation financière (communications financières, articles de presse…). Aussi, il ne faut pas hésiter à essayer de connaître les niveaux de salaire pratiqués au sein de la société et faire même un benchmark pour votre profil auprès des autres entreprises concurrentes. Alors comment bien négocier un bon salaire. Les consultants s'accordent à dire que cela dépend de l'entreprise.
Il y a les employeurs, surtout les grands groupes et les multinationales, qui ont des grilles de salaire fixe et qui ne permettent pas une grande flexibilité en termes de négociation de salaire. Toutefois, dans la plupart des cas, la première offre reste largement négociable, tout dépend de l'intelligence et de la capacité du candidat à se vendre. Il faut simplement argumenter en parlant faits et non désires ou souhaits Voici quelques pièges à éviter. Pour Mohamed Benouarrek, «il ne faut surtout pas se hâter à déclarer ses prétentions salariales car vous risquez de vous sous-estimer ou bien de vous disqualifier car vous être loin de l'offre». Et d'ajouter qu'il faut bien pousser l'employeur à vous faire une offre et, au cas échéant, prendre du temps pour jauger son besoin et son budget (taille d'entreprise, renommée, renseignement auprès de votre entourage avant l'entretien, etc.) Ceci est valable pour une négociation en temps de crise qu'en temps normal. La vigilance est de mise.
«Il y a toujours une marge pour une négociation»
Avis d'expert - Abdelhakim Mhaid A l'embauche, les salaires sont-ils revus à la baisse en ces temps de crise par les employeurs ?
La rémunération moyenne à l'embauche au Maroc évolue moins que les années précédentes, ou peu, crise économique oblige. Il est évident que les employeurs dans un contexte économique difficile ne peuvent plus, en règle générale, promettre à leurs nouvelles recrues les mêmes différentiels des salaires qu'elles offraient il y a deux ou trois ans. Nous constatons quand même que la crise ne touche pas réellement les candidats à haut potentiel et les profils pointus. Au contraire, les salaires à l'embauche continuent à connaître des hausses pouvant aller de 25 à 40% par rapport à leur niveau actuel (selon une étude réalisée par un cabinet spécialisé)
Un candidat doit-il revoir ses prétentions salariales à la baisse ? Comment peut-il être certain que l'entreprise en question traverse des moments difficiles ?
Partir d'une idée qu'en temps de crise, le candidat doit revoir ses prétentions salariales à la baisse avec son futur employeur est une erreur. Cependant, il y a toujours une marge pour une négociation, la capacité à obtenir une amélioration de l'offre dépendra beaucoup du succès financier de l'Entreprise, le candidat doit donc rechercher toutes les informations possibles pour déterminer dans quelle mesure il peut insister au cours de négociations, et aussi se renseigner sur le chiffre d'affaires de l'Entreprise, sa croissance, les pratiques internes s'il dispose de relais sur place. Les études de rémunération élaborées par les cabinets de recrutement, les articlesde presse et les sites Internet spécialisés sont des sources fiables d'information pour évaluer son salaire à l'embauche.
Avec la crise, quels sont les éléments qui déterminent le niveau de salaire offert par une société ?
Je ne pense pas que le niveau de salaire proposé soit fortement impacté par le contexte de crise. Dans un tel contexte, l'entreprise a en effet besoin d'attirer les bons profils, en mesure de l'aider à rebondir. Partant de ce constat, elle devrait donc proposer un salaire compétitif par rapport au marché, sans toutefois perdre la maîtrise de sa masse salariale.C'est donc le marché qui, au final, va déterminer le niveau de salaire offert, les entreprises peuvent se référer aux enquêtes de salaire réalisées par les cabinets spécialisés afin de se positionner sur le marché de la rémunération et déterminer le niveau de salaire à offrir.
Comment réussir une bonne négociation malgré ce contexte économique difficile ?
Une fois la situation réelle de l'Entreprise connue, le candidat doit savoir évaluer sa valeur particulière et ses performances en s'appuyant sur des éléments tangibles qui feront la preuve de ses compétences. Il doit se présenter comme une source de profit pour l'Entreprise par le biais de ses expériences et performances passées en avançant des chiffres et des résultats quantifiables. Par exemple, en période de crise, on attendra d'un commercial de démontrer sa capacité à faire évoluer le chiffre d'affaires et la marge commerciale.
Un manager prouvera sa capacité à fédérer les énergies autour d'un projet quelles que soient les circonstances économiques et sociales.
Que faut-il éviter ?
Il ne faut pas se dévoiler trop tôt. La question de la rémunération ne devrait être abordée qu'à la fin de l'entretien d'embauche avec l'employeur potentiel, il faut laisser l'employeur s'avancer, pour voir ce qu'il est prêt à offrir au candidat. Il ne faut pas raisonner en se disant «j'accepte ce niveau qui me paraît faible, mais je vais le renégocier», cela ne fonctionne pas.
Le candidat doit faire donc preuve de souplesse mais doit aussi couvrir ses arrières. Si la proposition de l'entreprise est 5 à 10 % sous ses attentes, il peut l'accepter mais seulement avec une promesse, inscrite dans le contrat de travail, de révision à la hausse après une période donnée, il peut par exemple prendre le repère de la fin de la période d'essai.
Nadia Dref
Publié le 4 Octobre 2009
Mis en ligne le 7 Octobre 2009
lematin.ma
