Assurance maladie obligatoire , 100 dirhams dépensés, 15 remboursés
24 Août 2006
Lu par 2204 personne(s)
• Des assurés critiquent la complexité des procédures
• En moyenne, 26 jours pour le remboursement
Cinq mois après son entrée en vigueur, l’assurance maladie obligatoire fait plusieurs mécontents. Des assurés critiquent les retards dans les remboursements, dans les prises en charge, et aussi la «complexité» des procédures. Ils ont aussi l’impression d’avoir été «bernés» en découvrant que seules quelques pathologies sont prises en charge et des niveaux de remboursement peu importants.
Même les médecins, qui viennent de signer la tarification nationale, se sentent lésés. Pour eux, la pilule est difficile à avaler puisque les tarifs sont loin de ce à quoi ils s’attendaient. Mais pour un régime juste mis en place, avec des contraintes de solvabilité de la demande, ce n’est pas mal. Le corps médical critique la complexité des formulaires. Certains médecins ironisent et vont jusqu’à suggérer l’organisation d’un séminaire de vulgarisation. «Ils sont trop détaillés et exigent du temps», estiment-ils.
Mais cela ne les empêche pas de tempérer leurs critiques par rapport au régime tel qu’il est en place. Ils attribuent les lourdeurs constatées à la «machine qui n’est pas encore bien rodée». «Nous ne pouvons juger le système qu’une fois la tarification nationale en place», estime Mohammed Bennani, président du Syndicat national des médecins du secteur libéral. Son entrée en vigueur est prévue pour septembre, le temps de mettre en place toutes «la logistique».
Autre dossier: la liste des médicaments remboursables. Celle-ci est critiquée par les assurés et les praticiens. D’ailleurs, à la lecture des statistiques de la CNSS sur les dépenses en médicaments, l’on se rend compte que ses chances d’attirer de nouveaux «clients» sont minimes. Sur les trois premiers mois d’application de l’AMO(1), seuls 15% des dépenses de médicaments ont été remboursés. Sur 1,14 million de dirhams engagés, les assurés de la CNSS ont récupéré 169.606 DH (voir tableau).
Le plus important est que le système n’est pas figé. Des ajustements peuvent être introduits au fur et à mesure. Chose à laquelle les organismes gestionnaires se sont attelés depuis quelques semaines. Sur ce registre des médicaments, la CNSS a établi un véritable check-up. Les conclusions sont similaires aux constats dressés auparavant par les praticiens: la liste des produits remboursables ne comprend pas tous les médicaments nécessaires à la prise en charge des pathologies de longue durée ainsi que les molécules essentielles en pédiatrie et dans le suivi de la grossesse. De plus, pour certaines classes thérapeutiques, seulement une ou deux molécules sont incluses au tableau. Sur le plan d’économie de la santé, la CNSS reconnaît que les molécules qui manquent ont un meilleur rapport coût/efficacité. Face à cette situation, des listes additives ont été élaborées. La première, portant sur une centaine de molécules, vient d’être publiée. La seconde est en préparation.
Ainsi, 104 nouvelles molécules dont 32 appartenant à de nouvelles classes thérapeutiques vont s’ajouter à la liste actuelle. La nouvelle liste englobe 204 formes et dosages différents. Au total, 450 nouveaux médicaments seront remboursables. Il s’agit d’anesthésiques, des analgésiques, des anti-histaminiques, des anti-pyrétiques, des anti-spasmodiques, des anxiolytiques, des anti-anémiques et des anti-diabétiques oraux.
LEconomiste.com
• En moyenne, 26 jours pour le remboursement
Cinq mois après son entrée en vigueur, l’assurance maladie obligatoire fait plusieurs mécontents. Des assurés critiquent les retards dans les remboursements, dans les prises en charge, et aussi la «complexité» des procédures. Ils ont aussi l’impression d’avoir été «bernés» en découvrant que seules quelques pathologies sont prises en charge et des niveaux de remboursement peu importants.
Même les médecins, qui viennent de signer la tarification nationale, se sentent lésés. Pour eux, la pilule est difficile à avaler puisque les tarifs sont loin de ce à quoi ils s’attendaient. Mais pour un régime juste mis en place, avec des contraintes de solvabilité de la demande, ce n’est pas mal. Le corps médical critique la complexité des formulaires. Certains médecins ironisent et vont jusqu’à suggérer l’organisation d’un séminaire de vulgarisation. «Ils sont trop détaillés et exigent du temps», estiment-ils.
Mais cela ne les empêche pas de tempérer leurs critiques par rapport au régime tel qu’il est en place. Ils attribuent les lourdeurs constatées à la «machine qui n’est pas encore bien rodée». «Nous ne pouvons juger le système qu’une fois la tarification nationale en place», estime Mohammed Bennani, président du Syndicat national des médecins du secteur libéral. Son entrée en vigueur est prévue pour septembre, le temps de mettre en place toutes «la logistique».
Autre dossier: la liste des médicaments remboursables. Celle-ci est critiquée par les assurés et les praticiens. D’ailleurs, à la lecture des statistiques de la CNSS sur les dépenses en médicaments, l’on se rend compte que ses chances d’attirer de nouveaux «clients» sont minimes. Sur les trois premiers mois d’application de l’AMO(1), seuls 15% des dépenses de médicaments ont été remboursés. Sur 1,14 million de dirhams engagés, les assurés de la CNSS ont récupéré 169.606 DH (voir tableau).
Le plus important est que le système n’est pas figé. Des ajustements peuvent être introduits au fur et à mesure. Chose à laquelle les organismes gestionnaires se sont attelés depuis quelques semaines. Sur ce registre des médicaments, la CNSS a établi un véritable check-up. Les conclusions sont similaires aux constats dressés auparavant par les praticiens: la liste des produits remboursables ne comprend pas tous les médicaments nécessaires à la prise en charge des pathologies de longue durée ainsi que les molécules essentielles en pédiatrie et dans le suivi de la grossesse. De plus, pour certaines classes thérapeutiques, seulement une ou deux molécules sont incluses au tableau. Sur le plan d’économie de la santé, la CNSS reconnaît que les molécules qui manquent ont un meilleur rapport coût/efficacité. Face à cette situation, des listes additives ont été élaborées. La première, portant sur une centaine de molécules, vient d’être publiée. La seconde est en préparation.
Ainsi, 104 nouvelles molécules dont 32 appartenant à de nouvelles classes thérapeutiques vont s’ajouter à la liste actuelle. La nouvelle liste englobe 204 formes et dosages différents. Au total, 450 nouveaux médicaments seront remboursables. Il s’agit d’anesthésiques, des analgésiques, des anti-histaminiques, des anti-pyrétiques, des anti-spasmodiques, des anxiolytiques, des anti-anémiques et des anti-diabétiques oraux.
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